Céline Dion a passé plus de quatre décennies à offrir au public l’une des voix les plus puissantes de l’histoire de la pop, mais la femme derrière ces aigus envolés a vécu une existence façonnée par un poids privé considérable. Elle a survécu à un accident d’enfance presque fatal, traversé des années de difficultés pour concevoir un enfant, accompagné l’amour de sa vie dans sa lutte contre le cancer, et affronté des blessures vocales qui ont failli la réduire au silence. Son histoire n’est pas le conte de fées glacé que ses affiches de résidence à Las Vegas laissent entendre. C’est l’histoire d’une petite fille du Québec, la plus jeune de quatorze enfants, qui a bâti un empire mondial en absorbant discrètement un coup dur après l’autre. Le contraste entre sa présence lumineuse sur scène et la réalité plus difficile de sa vie familiale révèle une résilience que même ses plus grands fans entrevoient rarement. Voici le voyage derrière la voix.
La plus jeune de quatorze enfants

Céline a grandi à Charlemagne, au Québec, en tant que quatorzième et dernier enfant d’une famille ouvrière déjà bien étirée. Sa mère, Thérèse, n’avait pas prévu d’avoir un autre bébé après le treizième, mais Céline est arrivée en mars 1968. L’argent manquait suffisamment pour que la nouveau-née dorme dans un tiroir de commode reconverti, la petite maison familiale n’ayant plus de lits disponibles. Ce foyer bondé, bruyant et musical a tout façonné par la suite. Ses parents tenaient un minuscule piano-bar appelé Le Vieux Baril, et la plupart de ses frères et sœurs aînés chantaient ou jouaient d’un instrument. Dès le départ, Céline était la plus petite voix dans une pièce très remplie, apprenant à se faire entendre sans jamais avoir à se battre pour l’attention.